Faut-il continuer à payer ses crédits pendant l’instruction d’un dossier de surendettement ?

Faut-il continuer à payer ses crédits pendant l’instruction d’un dossier de surendettement ?

Mise à jour du 12 mai 2026

Après le dépôt d’un dossier de surendettement, beaucoup de personnes se demandent si elles doivent continuer à payer leurs crédits comme avant. La réponse courte est simple : le dépôt seul ne suspend pas automatiquement toutes les échéances, et il faut distinguer l’instruction du dossier, la décision de recevabilité puis les mesures qui seront éventuellement prises.

Le plus dangereux est de croire qu’un simple dépôt protège immédiatement contre tout. En pratique, il faut sécuriser les charges vitales, suivre les courriers de la commission et éviter les paiements désordonnés qui aggravent la situation ou créent un découvert supplémentaire.

Le dépôt du dossier ne gèle pas tout immédiatement

Service Public sur le dépôt du dossier de surendettement rappelle que la commission doit d’abord examiner le dossier. Tant que la recevabilité n’a pas été reconnue, vous n’êtes pas encore dans la phase où certaines protections commencent à produire leurs effets.

Autrement dit, le dépôt n’efface pas les dettes et ne fait pas disparaître d’un coup toutes les échéances prévues dans les contrats.

Ce qu’il faut continuer à payer en priorité

Dans l’attente, le bon réflexe est de prioriser les dépenses indispensables :

  • loyer ou mensualité immobilière liée au logement principal ;
  • électricité, eau, chauffage, assurance habitation ;
  • pension alimentaire, si elle est due ;
  • frais nécessaires à la vie courante et au travail ;
  • charges qui risquent de provoquer très vite une rupture grave si elles ne sont pas réglées.

Sur les crédits à la consommation, la situation est plus délicate. Continuer à payer peut éviter un incident immédiat, mais cela ne doit pas se faire au prix d’un découvert ou d’un non-paiement des charges essentielles.

Ce qui change après la recevabilité

Dès qu’un dossier est déclaré recevable, la décision de recevabilité produit des effets plus nets, puis l’orientation du dossier permet d’aller vers un plan ou d’autres mesures. Selon les cas, certaines procédures d’exécution peuvent être suspendues et certaines sommes cessent d’évoluer dans les mêmes conditions.

C’est donc à partir de cette étape qu’il devient plus dangereux de continuer à agir sans lire précisément la décision reçue.

Erreur fréquente : payer au hasard le créancier qui relance le plus

Beaucoup de débiteurs continuent à payer en priorité le créancier qui appelle le plus fort ou qui menace le plus. Ce n’est pas toujours le bon calcul. Avant la décision de la commission, il faut raisonner en protection du budget vital, pas en réponse émotionnelle aux relances.

Si la situation devient trop tendue, il est souvent préférable de conserver une trace écrite de ses démarches et de ne pas masquer artificiellement l’impossibilité de payer.

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Questions fréquentes

Le simple dépôt du dossier suspend-il les paiements ?

Non. Le dépôt du dossier ne suspend pas automatiquement toutes les échéances. Il faut attendre la décision de la commission et lire précisément ses effets.

Quelles dépenses faut-il protéger en priorité ?

Le logement, l’énergie, l’assurance habitation, les charges de vie courante et les obligations essentielles doivent être sécurisés avant les paiements non vitaux.

Faut-il toujours continuer à payer les crédits ?

Pas à n’importe quel prix. Il faut éviter d’aggraver un découvert ou de sacrifier les dépenses essentielles. La stratégie dépend de la situation concrète et du stade de la procédure.

Rebecca

Rebecca, greffière expérimentée, partage son expertise juridique sur ce blog. Avec une approche pratique, je propose des analyses approfondies et des explications claires sur des sujets juridiques variés. Bienvenue dans mon espace où le droit devient accessible à tous.
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